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Médée
  De Jean Anouilh

Médée, terrible Médée ! Femme révoltée qui trahit son père, tua son frère pour l'amour de Jason et la conquête de la Toison d'or.

Dix ans après, Jason se déprend de Médée et s'apprête à épouser la fille de Créon, roi de Corinthe. Refusant la fuite et le « bonheur, le pauvre bonheur », Médée va continuer à semer le feu...



Mise en scène : Laurent Ziveri
Assistant mise en scène : Jérôme Ragon
Avec : Emilie Blon Metzinger, Maryse Courbet, Stéphane Bault, Thierry Paul et Jérôme Ragon
Décor : Thierry Costanza
Costumes : Colette Galay
Conception sonore : Zidane Boussouf
Communication :
Isabelle Clairottet
Chargée de production : Maud Jacquier

Production :

- Ville de Carqueiranne
- Conseil Général du Var
- UPPERCUThéatre

 



« La Médée de Jean Anouilh offre une grande clarté, dès sa lecture. Le texte est beau, simple, efficace, évident. Le personnage de Médée traverse la pièce avec force et ténacité.

J'aime cette femme, cette tueuse, cette amoureuse, cette redoutable héroïne aux multiples visages. Elle est entière, profonde, vraie. Elle est là avec son corps, avec son sexe, avec son amour. Elle se bat pour elle, pour elle seulement, pour sa liberté, pour son désir, pour sa quête d'absolu. Autrement, elle me fait penser aux personnages femmes que j'ai déjà rencontrés dans d'autres créations : Cordélia dans le Roi Lear, Violaine, Mara dans Claudel, Juliette dans Shakespeare, ces grands personnages tragiques, ces femmes volontaires, combatives, plus fortes que les hommes, plus pugnaces.

Avec Médée, Anouilh nous donne un drame complet, total. Il nous offre une tragédie, celle d'un destin certain et violent.

Ce n'est pas le bonheur qui rôde dans Médée, non, c'est la mort, la fin. L'amour en est la cause, la justification.

Oui, tout est simple, inéluctable. Le destin de cette femme, l'attachement d'une nourrice qui la suivra jusqu'au bout ; la faiblesse du pouvoir d'un Créon usé, fatigué, fini ; et Jason qui renonce, qui part, qui fuit, qui abandonne. Tout est simple, bruyant, clair et définitif. Le crime est fatal, insupportable, tragique. Elle tue leur amour avec ses enfants. Elle ne laisse aucune chance à leur couple, à leur amour. Elle tue ses enfants à lui.

Qui peut comprendre, accepter, donner un sens à ce meurtre odieux, fruit d'un chantage extrême ? Elle déclenche la barbarie, l'acte odieux suivi d'autres plus abjects, plus barbares. C'est apocalyptique.
Je ne juge pas Médée. Je veux juste lui donner sa chance de nous dire sa souffrance, son mal. Nous dire comme l'amour peut nous blesser, nous traverser et nous anéantir. Comme le bel amour disparaît au profit d'une haine cruelle.

Aujourd'hui le crime côtoie l'amour sur les écrans multiples de notre monde qui vacille entre réalité et virtuel. Une femme qui a tué ses enfants et qui va les cacher jusque dans un congélateur n'émeut que brièvement l'opinion publique, la cohorte des spectateurs de la misère humaine que nous sommes devenus. Le meurtre moins odieux des sœurs Papin avait défrayé la chronique et des réactions bien plus vives. Le meurtre est devenu courant et fait partie de notre univers de vie.

Je veux que l'on aime Médée, mais que son crime révolte, laisse une trace, un silence. C'est tout l'art du théâtre : il nous autorise encore dans sa nécessité, nous donne sa magie et réussit à nous donner l'essentiel, la trace humaine, la trace de l'âme. »

Laurent Ziveri – metteur en scène

presse
« Revisitée par l'UPPERCUThéâtre, Médée enchante In Situ (...) Le célèbre drame d’Anouilh a été servi par une mise en scène brillante et des acteurs d’une grande justesse (…) la compagnie a ainsi offert aux très nombreux festivaliers du théâtre d’excellente facture qu’ils ont d’ailleurs longuement et légitimement applaudi. »

Var Matin

 

 
 

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